Au plaisir d’apprendre répond celui d’enseigner…

Par Muriel

permancence1Nous avons acheté hier la première tablette numérique avec l’argent de la Fondation Orange et c’est donc avec un mélange d’excitation teintée d’angoisse qu’on a proposé ce jour à Marillon (qui n’est plus du tout scolarisée) et Emilie (qui envisage d’intégrer une structure innovante l’an prochain) de créer une ressource en ligne basée sur le videoprototyping. C’est le tout début du projet TransiMOOC.

Pour ceux qui ne le savent pas, le videoprotoyping, c’est faire une vidéo de moins de 3 minutes sur un sujet en racontant une histoire.

Les filles sont partantes. On cherche un sujet commun (l’une est en terminale et l’autre en troisième) et on part sur « la mondialisation en débat » dont Marillon a besoin pour son baccalauréat.

Je les interroge une dizaine de minutes sur ce que cela leur évoque, plein d’idées émergent et finalement, ce qui leur semble important, c’est de trouver une définition de la  mondialisation.

Elles décident de s’éloigner un peu de nous (l’équipe de profs) et demandent à la gaité lyrique où nous faisons nos permanences du vendredi un accès aux ordinateurs. Je vais les déranger une heure et demi plus tard, elles ont 15 onglets ouverts sur la mondialisation, elles ont dessiné la terre, des barrières à découper et rédigé leur scénario. Elles hésitent toujours sur la définition.

2 jeunes femmes apprennent en autonomie

On filme. Le son est désastreux, le film sera à refaire (on vous le montrera peut-être quand même mais on ne se rend pas compte que c’était super). En tous les cas, le sujet est maitrisé. Les filles ont beaucoup aimé cette manière d’apprendre et elles ont été complètement autonomes.

Merci les filles! Vous n’imaginez pas le plaisir que vous donnez à une équipe de profs quand on voit des jeunes se passionner sur un sujet.

Qu’est-ce que le travail de groupe?

Faites 4 triangles équilatéraux en déplaçant 2 allumettes (qui doivent rester sur le schéma)

Faites 4 triangles équilatéraux en déplaçant 2 allumettes (qui doivent rester sur le schéma)

Par Muriel Epstein

Les deux jours de participation à l’université d’été du GFEN étaient enthousiasmants.

Le GFEN, groupe français d’éducation nouvelle, n’est pas un mouvement si nouveau. Il s’est créé en 1922, après la première guerre mondiale. Il n’empêche qu’en deux jours, j’ai appris beaucoup de choses et je ne résiste pas au plaisir de les partager.

Ce que j’ai appris de plus important, à mon sens, c’est les conditions de réalisation d’un vrai travail de groupe, et la différence avec un travail d’équipe.

  • Le travail d’équipe, c’est lorsque des personnes ont chacune une tâche propre. Le travail à la chaine peut être un travail d’équipe.
  • Le travail de groupe, c’est lorsque tout le monde participe à la construction de la solution.

Or, pour cela, il faut absolument que tout le monde, vraiment tout le monde, puisse apporter un petit quelque chose au collectif. Un élève (ou un adulte) qui n’aurait rien à dire lors d’un travail de groupe ne pourra plus participer et se mettra en retrait.

Ainsi, pour l’ensemble des activités, le GFEN propose plusieurs temps (et suggère fortement de ne jamais donner d’exercice trop simple) :

  • Temps 1: réflexion individuelle, chacun cherche et doit pouvoir amener quelque chose
  • Temps 2: mise en commun par petit groupe (3 à 5), chacun apporte ses éléments de réponse
  • Temps 3: chaque groupe explique aux autres sa démarche et où il en est

Il y a certainement un temps de synthèse, etc… mais ce qui m’intéresse c’est que le travail de groupe commence par un temps individuel, obligatoire, systématique, et que ce temps est précieux pour que tout le monde s’investisse et qu’il s’agisse d’un travail de groupe et non d’équipe ou individuel.

Les ateliers proposés lors de l’université d’été permettaient aussi de réfléchir à ce qu’une aide « individualisée » pouvait apporter ou, au contraire, empêcher pour un élève.

Ne pouvant reproduire l’expérience que j’ai vécue sans la déflorer, je vous laisse méditer sur le fait qu’une aide individualisée puisse être gênante pour un élève au lieu d’être positive même si elle semble efficace à court terme.

Pour moi, l’expérience de travail de groupe entre adultes est un succès, et d’après les témoignages des enseignants présents, elle fonctionne très bien; j’ai hâte de l’essayer avec mes étudiants à l’université ou avec les jeunes qui viendront à Transapi! Il ne manquerait plus que ce soit réservé aux tout petits.

Silence on tourne!

Depuis samedi, c’est l’effervescence.

Lola, lycéenne du lycée autogéré de Paris a décidé, suite à l’atelier, de réaliser un film sur le décrochage scolaire. A la fois documentaire et fiction, le film alterne les témoignages de jeunes qui ont décroché à un moment ou un autre de leur parcours et une fiction autour du projet Transapi en particulier.

Après quelques mois à écrire et peaufiner le scénario, les repérages, trouver les jeunes qui veulent bien témoigner, c’est parti pour le tournage.

Préparation du matériel - Photo Muriel

Préparation du matériel – Photo Muriel

Préparation du matériel, révision du scénario pour la partie fiction…

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Clap, c’est dans la boite…

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Encore le montage à faire…

Mais c’était déjà un réel plaisir de voir tous les jeunes mobilisés pour ce film plébiscitant l’apprentissage alternatif.

Hâte de voir les résultats!

Merci à tous et au LAP.

L’autonomisation des élèves par les TICE, ça marche!

Le vendredi 3 juin, dans le cadre du programme Booster, nous avons accompagné quelques jeunes de 16-17 ans au lycée Jean Renoir à Bondy pour des cours de maths.

La plupart ne veulent pas entendre parler de maths, « ils détestent ». L’un d’eux, qui n’en garde pas de bons souvenirs non plus, aimerait quand même travailler les mesures (gramme, kilogramme, etc.) pour son projet de faire de la boulangerie/pâtisserie. Il promet de faire une démonstration ensuite… Qu’à cela ne tienne, s’il lui faut un cours particulier. Les autres doivent donc être autonomes et faire des maths.

Nous leur proposons d’aller sur Sésamaths. Et en particulier sur Mathenpoche. Nous avions choisi le jeu de calcul mental « quadricalc » pour les raisons suivantes:
– il commence doucement et on peut jouer quel que soit son niveau
– il n’est pas étiqueté d’une classe de collège ou de primaire

Les participants ont souvent arrêté les mathématiques depuis plusieurs années.

Qu’à cela ne tienne ils se prennent au jeu et s’entraident. L’un d’eux décide d’explorer les autres jeux de mathenpoche et se met à cliquer un peu partout. Il reste un long temps sur mathador junior (jeux type « chiffres et les lettres ») où sa voisine l’aide beaucoup (c’était l’inverse qui se passait sur des jeux de calculs mentaux en vitesse: elle était prise de panique et lui l’aidait).

Avec Alain (notre futur boulanger nous l’espérons), nous avançons bien et nous demandons à Lyndsia et Thomas un petit bilan de leur expérience.

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 Au moment de partir, Alain et Lyndsia sont en train de préparer l’activité de la semaine prochaine et le coordinateur du projet a un peu de mal à leur faire quitter la salle… Les deux heures sont passées très vite!

L’atelier au LAP du 29 mars 2013

Les élèves du lycée autogéré de Paris (LAP) accompagnent Transapi depuis quelques semaines. Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler du LAP, c’est un lycée pas tout à fait comme les autres où les élèves choisissent leurs projets, les votent et acquièrent au moins autant des compétences citoyennes et politiques que scolaires.

Certains d’entre eux, parce qu’ils sont solidaires, parce qu’ils ont eu des périodes « sans école », parce que la problématique les intéresse, ont choisi d’aider Transapi dans ses réflexions.

Nous nous retrouvons donc une fois par semaine sur divers sujets.

La semaine dernière, nous réfléchissions aux noms à donner aux diverses « formules » que nous proposerons aux jeunes intéressés par Transapi.

C’est Lola qui a pris l’initiative de synthétiser toutes les idées au tableau et qui nous a envoyé cette photo

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La racine « Transi » comme transition, ce qu’assure Transapi, a fait l’unanimité.

L’équipe retient les formules suivantes:
– TransiZen pour le travail en autonomie
– Transitorat pour le travail avec un tutorat
– Trans-mission pour les jeunes très investis qui viendront travailler en autonomie et seront suivis et participeront à des ateliers ou des projets collectifs
– TransiProd pour les inscrits aux projets