L’école inversée – la technologie à sa bonne place !

Quand la technologie rentre dans l’éducation pour mieux sortir de l’école : Xavier de la Porte rend compte d’une expérience à l’origine d’une toute nouvelle façon de voir les choses, bouleversement assuré ! :
L’école inversée, ou comment la technologie produit sa disparition.

Bonne lecture !
Jeanne

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Ludovia, ou le rapport élève-professeur en question

Un dessin de CIRE, le dessinateur officiel de Ludovia.

Ludovia est l’université d’été de la e-éducation qui se tient chaque année à Ax-les-Thermes, près de la frontière espagnole (hé oui ! Il y avait des Thermes ! Rien de tel pour philosopher que le bain à bulles ! ) Transapi y était : petit compte-rendu.

Quelles problématiques retenir de cette université d’été ? Plusieurs constats s’imposent. Tout d’abord, l’institution peine à suivre la force de proposition des élèves dans le domaine numérique. Est-ce parce que ces derniers sont « digital natives », donc plus rapides à les employer ? Certes, l’utilisation des réseaux sociaux (Facebook, twitter) progresse dans les classes, mais la défiance des enseignants envers eux n’est pas totalement levée. C’est encore plus clair pour les jeux vidéos qui ont bien du mal parfois à s’imposer comme « jeux sérieux ».

Cependant, l’utilisation du numérique comme outil pédagogique progresse. Le numérique permet de réactualiser certains principes déjà connus (pédagogie participative, échange entre pairs…). Il apporte dans certains cas une véritable plus-value : c’est ce qu’a montré le retour d’expérience de Florence Canet. Cette professeur documentaliste a utilisé avec des BTS la plateforme de signets collaborative Diigo, ce qui lui a permis de suivre le travail des élèves et d’entrer ensemble dans l’analyse critique des sources pour dépasser le copier/coller.

Mais le numérique ne saurait être réduit à un outil : c’est une véritable culture qui entraine un changement dans le positionnement même du professeur face à l’élève et qui invite à repenser la place du professeur-expert délivreur du savoir. Et c’est bien dans cette dynamique que Transapi met en place un projet MOOC cette année, produit par les jeunes. A l’an prochain pour un retour d’expérience sur la question….

Happening Transapi Bac

Par Muriel

Le happening Transapi Bac c’est quelques profs qui s’installent dans un café, qui annoncent sur twitter et sur facebook qu’ils seront là, gratuitement, si des élèves ont besoin.

Les photos ci-dessous ont été prises pour l’écrit

Feuille d'inscription pour le Transapi Bac écrit

En bas à droite, une petite affiche de Transapi dans la vitrine des pères populaires

En bas à droite, une petite affiche de Transapi dans la vitrine des pères populaires

Je n’étais pas au Transapi Bac « rattrapage oral ». Ce que j’en sais, c’est que tous les jeunes que je connaissais et qui y sont allés ont trouvé la séance très constructive et qu’ils ont eu leur bac. C’est un réel plaisir que d’avoir eu tous ces coups de fil de jeunes heureux d’être bacheliers pendant mes congés.

Je sais aussi que les profs s’étaient organisés, ainsi que les élèves pour qu’il y ait des travaux en groupe et des formes de « mini jurys ». Ça donne envie d’y aller! J’ai presque regretté d’avoir été en vacances.

Compte-rendu de la soirée de lancement

Le 4 Juin 2013, nous avons organisé, avec l’appui de la mairie de Paris, une soirée de soutien au lancement du projet Transapi.

Après un apéritif copieux pour accueillir les nombreuses personnes venues nous soutenir,  Alexandra Cordoba, maire adjointe aux questions d’éducation dans le 10ème arrondissement de Paris nous a chaleureusement accueillis dans sa mairie.

Ensuite, l’équipe de Transapi s’est présentée et nous avons diffusé les vidéos réalisées par Alexandre présentant deux des formules de Transapi.

Après quoi nous avons rappelé les constats qui nous conduisaient à faire ce projet et en particulier le temps de latence, de 30 mois en moyenne entre le moment où les jeunes décrochent et celui où ils raccrochent et la nécessité d’innover, par tous les moyens dont artistiques, numériques, etc.

Enfin Damien Jayat a joué la pièce de théâtre « Basic Einstein », ce qui a permis à plusieurs d’entre nous de comprendre, enfin, la physique quantique et E=mc².

Et même Michel, l’employé de mairie qui nous avait servi quelques verres deux heures plus tôt nous l’a assuré à la fin: « si j’avais eu une école comme ça, j’y serai resté plus longtemps ».

Le projet TransiMOOC prend forme

Lors d’un entretien, nous proposons à un élève, en situation de décrochage scolaire, de devenir prof à Transapi. Il nous assure que c’est une très mauvaise idée.

Extrait d’un dialogue assez amusant

Prof: Mais enfin , tu viens de nous dire que tu adores parler, les profs adorent parler, c’est une qualité pour un enseignant d’aimer parler

Elève: certes mais j’aime qu’on m’écoute!

Prof: ah mais les profs aussi adorent qu’on les écoute; demande à n’importe quel prof, tu verras (acquiescement d’un autre prof présent à l’entretien)

Elève: je ne m’imagine pas tenir une classe

Prof: et si c’est en vidéo, sur youtube par exemple ?

Elève (en souriant): ah, en vidéo?

[on lui raconte les MOOC]

Elève: je crois que finalement je pourrais me rappeler le cours sur les pourcentages, j’aime bien cette idée.

L’an prochain, nous proposerons aux jeunes de faire des MOOCs avec nous; affaire à suivre…

Qu’est-ce que le travail de groupe?

Faites 4 triangles équilatéraux en déplaçant 2 allumettes (qui doivent rester sur le schéma)

Faites 4 triangles équilatéraux en déplaçant 2 allumettes (qui doivent rester sur le schéma)

Par Muriel Epstein

Les deux jours de participation à l’université d’été du GFEN étaient enthousiasmants.

Le GFEN, groupe français d’éducation nouvelle, n’est pas un mouvement si nouveau. Il s’est créé en 1922, après la première guerre mondiale. Il n’empêche qu’en deux jours, j’ai appris beaucoup de choses et je ne résiste pas au plaisir de les partager.

Ce que j’ai appris de plus important, à mon sens, c’est les conditions de réalisation d’un vrai travail de groupe, et la différence avec un travail d’équipe.

  • Le travail d’équipe, c’est lorsque des personnes ont chacune une tâche propre. Le travail à la chaine peut être un travail d’équipe.
  • Le travail de groupe, c’est lorsque tout le monde participe à la construction de la solution.

Or, pour cela, il faut absolument que tout le monde, vraiment tout le monde, puisse apporter un petit quelque chose au collectif. Un élève (ou un adulte) qui n’aurait rien à dire lors d’un travail de groupe ne pourra plus participer et se mettra en retrait.

Ainsi, pour l’ensemble des activités, le GFEN propose plusieurs temps (et suggère fortement de ne jamais donner d’exercice trop simple) :

  • Temps 1: réflexion individuelle, chacun cherche et doit pouvoir amener quelque chose
  • Temps 2: mise en commun par petit groupe (3 à 5), chacun apporte ses éléments de réponse
  • Temps 3: chaque groupe explique aux autres sa démarche et où il en est

Il y a certainement un temps de synthèse, etc… mais ce qui m’intéresse c’est que le travail de groupe commence par un temps individuel, obligatoire, systématique, et que ce temps est précieux pour que tout le monde s’investisse et qu’il s’agisse d’un travail de groupe et non d’équipe ou individuel.

Les ateliers proposés lors de l’université d’été permettaient aussi de réfléchir à ce qu’une aide « individualisée » pouvait apporter ou, au contraire, empêcher pour un élève.

Ne pouvant reproduire l’expérience que j’ai vécue sans la déflorer, je vous laisse méditer sur le fait qu’une aide individualisée puisse être gênante pour un élève au lieu d’être positive même si elle semble efficace à court terme.

Pour moi, l’expérience de travail de groupe entre adultes est un succès, et d’après les témoignages des enseignants présents, elle fonctionne très bien; j’ai hâte de l’essayer avec mes étudiants à l’université ou avec les jeunes qui viendront à Transapi! Il ne manquerait plus que ce soit réservé aux tout petits.