TransiMooc – Premier Comité de Pilotage

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Le premier comité de pilotage de lancement de notre projet TransiMooc, financé par la fondation Orange, a eu lieu ce jeudi. Nous remercions chaleureusement toutes les personnes du comité de pilotage qui étaient présentes.

Le principe fondamental de TransiMooc est la production de cours par des jeunes pour d’autres jeunes. Mais ces cours peuvent prendre différentes formes, ce qui a fait débat : faut-il favoriser les ressources en ligne (REL) ou le MOOC ?

Les ressources en ligne (REL) sont produites dans le but d’être mises en ligne. Elles peuvent prendre la forme d’un cours à la demande d’une classe, d’un jeu, d’un quizz, d’une vidéo, etc… Les produire nécessite du temps mais ensuite il n’y a pas obligatoirement d’animation.

Le MOOC est, lui, un cours programmé sur une semaine, complété par tous les outils possibles en ligne (vidéos, jeux, etc.) mais dans un parcours que tous les inscrits réalisent en même temps pendant une durée de 4 à 6 semaines en général. Il nécessite essentiellement la création d’un parcours pédagogique et l’animation des forums où des milliers d’inscrits peuvent être présents. Les éléments de contenu peuvent, eux, être issus du net.

Les REL présentent un grand intérêt pour les élèves qui les produisent mais elles ne génèrent pas l’existence d’une communauté et présentent donc un plus faible intérêt médiatique. Elles n’exigent que de produire des ressources.

Les MOOCs demandent plus de travail de suivi mais moins de travail de production (puisqu’on peut réutiliser d’autres cours et qu’il s’agit d’articuler des ressources existantes et pas nécessairement de les créer). Ils ont un grand intérêt médiatique et génèrent l’existence d’une communauté.

Discussion à suivre …

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L’accompagnement à l’auto-didaxie

Par Muriel Epstein

Mercredi 13 novembre, à l’université de Nanterre, Pierric Bergeron, documentaliste au lycée pilote innovant international (LPII) de Poitiers qui a été, en France, le premier « lycée numérique » a soutenu sa passionnante thèse de sciences de l’éducation.

Ses travaux seront publiés prochainement, je vais juste en reporter quelques phrases que j’en ai comprises et qui m’ont marquée par les échos que j’y ai trouvés, tant avec Transapi qu’avec mes propres recherches et qui devrait interroger sur l’enseignement, la refondation de l’école, et qui donnent des pistes fortes sur la prévention du décrochage scolaire et l’usage du numérique.

Espace d’accompagnement à l’auto formation

C’est une des définitions possibles du LPII.

J’ai particulièrement aimé la notion d’accompagnement à l’autodidaxie. C’est à dire que les jeunes du LPII, après leur scolarité, ont gardé une habitude de l’autoformation. Le lycée a appris à apprendre, ce qui me semble extrêmement important. De même qu’apprendre à lire permet ensuite d’apprendre tout ce qu’on trouve dans les livres, apprendre à utiliser les outils numériques ouvre des champs immenses. L’autodidaxie se fait aussi à travers les apprentissages informels. C’est souvent sur le sujet des outils numériques que les jeunes apprennent entre eux, sans l’aide d’un enseignant. La mise en réseau modifie aussi globalement l’apprentissage. Cela devrait d’ailleurs être un axe de recherche fort!

Le groupe

Pierric a également parlé des relations constructives des élèves en dehors des cours, de l’importance de la pédagogie de projets de groupe. Autant d’éléments que j’ai retrouvé dans mes recherches. Les plans de lutte contre le décrochage scolaire qui fonctionnent, les lycées qui réussissent à combattre le décrochage scolaire sont ceux qui mobilisent les élèves en groupe. Ce n’est pas une immense nouveauté, mais il faudrait que ce soit dans la tête de tous les enseignants. Pierric (qui m’excusera je l’espère si je déforme ses propos), a mentionné le passage d’un modèle utilitariste de l’école (« je suis là pour avoir mon bac ») à un modèle projectif via une identité collective forte. Il a, alors, parlé de sérendipité active, « trouver ce qu on ne cherche pas en cherchant ce qu’on ne trouve pas ».

Le suivi des élèves sur le long terme comme alternative à l’évaluation des performances

J’ai écrit une communication au congrès de l’AREF 2013 où je disais que les notes étaient une mauvaise réponse à la bonne question de l’évaluation. La réussite est un temps long d’insertion professionnelle. Pierric Bergeron défend le fait que l’évaluation des établissements innovants se fassent non pas à court terme sur les notes mais à long terme sur l’épanouissement des adultes et leur insertion sociale.

Les ESPI (Établissements Scolaires Publics Innovants)

Les ESPI, c’est à dire entre autre le CEPMO (Oléron), le CLEPT (Grenoble), le LAP (Paris), le LPII (Poitiers), le CLE (Hérouville Saint Clair), sont pour beaucoup beaucoup des écoles au service des « éclopés  » de l’école. Bien que répartis sur tout le territoire français, Ils n’accueillent que 2000 jeunes par an.
Le LPII est un modèle de réussite alternatif qui questionne le modèle dominant car cela concerne tout le monde, c’est un des rares établissements innovants qui n’est pas « spécialisé » dans les élèves « en difficulté ». Il a néanmoins en commun avec eux une vision globale de la réussite intégrant le bien être.

A l’issu de sa soutenance, on avait tous envie d’être élève dans un ESPI et de créer de l’enseignement autrement pour des jeunes épanouis… De quoi savoir qu’il faut qu’on continue Transapi!

Le projet TransiMOOC prend forme

Lors d’un entretien, nous proposons à un élève, en situation de décrochage scolaire, de devenir prof à Transapi. Il nous assure que c’est une très mauvaise idée.

Extrait d’un dialogue assez amusant

Prof: Mais enfin , tu viens de nous dire que tu adores parler, les profs adorent parler, c’est une qualité pour un enseignant d’aimer parler

Elève: certes mais j’aime qu’on m’écoute!

Prof: ah mais les profs aussi adorent qu’on les écoute; demande à n’importe quel prof, tu verras (acquiescement d’un autre prof présent à l’entretien)

Elève: je ne m’imagine pas tenir une classe

Prof: et si c’est en vidéo, sur youtube par exemple ?

Elève (en souriant): ah, en vidéo?

[on lui raconte les MOOC]

Elève: je crois que finalement je pourrais me rappeler le cours sur les pourcentages, j’aime bien cette idée.

L’an prochain, nous proposerons aux jeunes de faire des MOOCs avec nous; affaire à suivre…

Une expérience des MOOC – épisode 4

Ce que j’en tire pour des élèves plus jeunes ou pas d’ailleurs (par Muriel)

  1.  Cela me confirme l’intérêt des MOOC pour apprendre « seuls » ou en tous les cas à son rythme, en particulier avec des MOOC « à option » qui permettent d’apprendre « avec les démonstrations » ou sans selon le temps que l’on a et l’envie de chacun
  2. Je crois très fort à un intérêt des MOOC « en présentiel », c’est-à-dire avec, pas loin, d’autres élèves ou des enseignants qui peuvent aider en cas d’incompréhension (c’est l’idée que développe Alexandre Lejeune avec sa co-lab)
  3. Je ne pense pas que les MOOC peuvent remplacer les profs. Les MOOC remplacent les livres mais l’absence d’autres élèves et prof génère un gros manque, même pour moi qui ai déjà fait une grande partie de mes études à distance (licence et maitrise)
  4. Je me suis « à peu près disciplinée » mais pas assez : je n’ai pas pris de note pendant les cours alors que cela m’aide normalement beaucoup à apprendre. Je n’ai fait aucun effort de rédaction, ce qui m’a manqué, mais peut être utile pour désolidariser divers apprentissages (en l’occurrence pour moi, la langue en même temps que l’analyse de réseaux sociaux)

Une expérience des MOOC – épisode 3

I-   Points forts de l’expérience

J’ai appris plein de choses sur l’analyse des réseaux sociaux (au moins en théorie).

J’ai révisé un peu mon anglais.

C’était plutôt amusant

J’ai eu 8/10 à tous mes devoirs et 80% à l’examen avec une régularité sans faille…

J’ai réussi à me discipliner malgré l’absence d’enjeux (la souplesse des vidéos n’y est pas pour rien).

II-  Points faibles de l’expérience

Si l’on n’a pas compris quelque chose… on ne l’a pas compris : j’ai essayé de demander sur des forums, via twitter, mais sans le moindre succès

Quand on fait face à un problème technique, on abandonne, enfin j’ai abandonné.

Une expérience des MOOC – épisode 2

II- Les cours

Le cours était constitué pour l’essentiel de vidéos de 10 minutes à 30 minutes et d’une durée maximale de deux heures.

Il était conseillé d’y passer 2h à 3h par semaine.

Il y avait fréquemment des cours facultatifs, des conseils de lectures (ou des textes à lire en obligatoire). Les textes pouvaient être très longs.

Les cours étaient parsemés de quizz, généralement après chaque nouvelle notion. Lada Ademic (l’enseignante) expliquait une notion et paf, la vidéo s’arrêtait pour laisser la place à un quizz en ligne. Hors problèmes techniques (et ceux là ont été vite réglés), les cours étaient très bien faits

  •  introduction sur l’objectif du cours et l’intérêt de la notion
  •  présentation de la notion
  • quizz pour vérifier que l’on a compris avec possibilité d’explication de la réponse au quizz et suite

Il manquait parfois des démonstrations mathématiques à mon goût même si quelques cours étaient proposés en deux versions une plus technique que l’autre, ce qui est une bonne idée à mon avis.

En plus, les cours étaient constitués d’un support power point intégré à la vidéo et téléchargeable. Les explications de l’enseignante étaient, pour une grande partie, transcrite dans un document .txt et téléchargeable (très utile pour comprendre et orthographier un mot mal compris, surtout dans une langue qui n’est pas celle maternelle).

En revanche les cours sur les logiciels étaient impossibles à suivre pour moi : je n’ai jamais réussi à faire fonctionner les logiciels, je n’ai trouvé personne pour m’aider en présentiel et j’ai finalement abandonné toute idée de réussir à comprendre autre chose que la théorie.